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Les terrains ancestraux ne recèlent pas que des patates : des secrets de famille, aussi. « Terres minuscules », remarquable premier roman de Catarina Gomes
Les (légumes-) racines du mal
Si l’enfance est un rêve, celle de Claudia Mendes Mendes fut peuplée de patates. Dodues et charnues, elles tapissaient de plusieurs couches le vaste garde-manger du modeste appartement que la narratrice habitait avec ses parents, en banlieue de Lisbonne. Ces derniers, aux petits soins avec leur fille unique, surnommée « la petite », traitaient les tubercules comme un membre de la famille dont il fallait anticiper les goûts et les besoins – « elles apprécient » les endroits secs et frais, expliquaient-ils. Pour Claudia, devenue une architecte d’intérieur résolument citadine, le poids des origines est celui des patates de la grand-mère, Adozinda, que ses parents et elle rapportaient du « bled », Arrô, avec dévotion. « C’est sans comparaison, ma fille, ça n’a rien à voir. Celles d’ici n’ont pas de goût », répondaient son père et sa mère, à propos de pommes de terre du commerce. A leur mort, dans un accident de la route de retour du « patelin », le toit de la voiture chargé de patates, leur fille, alors âgée de 21 ans, fait des tubercules, dont l’odeur nauséabonde se répandait dans le logement, les coupables idéaux. Débutant dans le huis clos de l’appartement d’enfance, arpenté au gré des souvenirs, Terres minuscules, le premier roman de Catarina Gomes, autrice portugaise de non-fiction, adaptée au théâtre et à la télévision, ravit d’emblée par sa drôlerie subtile, la pudeur des sentiments derrière les gestes et les mots, ainsi que son goût du détail intime et étrange. A la religion des patates s’ajoutent les collections de figurines de la mère et de gadgets électroménagers du père. Mais comme les tubercules obsessionnels, ces objets sont d’abord des indices tangibles d’un malaise jamais formulé. On le repère au silence du père, aux craintes de la mère, au fait que les parents de Claudia, cousins germains (d’où le patronyme redondant, Mendes Mendes), se sont mariés parce qu’ils se « comprenaient », au deuil éternel et presque cloîtré de la grand-mère Adozinda dont le mari est « mort jeune »… On n’en dira pas plus, mais l’appel d’un notaire concernant l’héritage d’un grand-oncle émigré au Brésil va précipiter la résolution de ces petits mystères et offrir à Claudia une forme de consolation. De récit intime, le livre prend alors des airs de polar rural. Il y a dans la prose de Catarina Gomes un savant dosage d’éclats de rire, de mélancolie, de sarcasmes et de retenue, qui est la langue universelle des humains blessés par la perte d’un proche et l’abandon d’une part de leur identité. Les « terres minuscules » du titre désignent la « Prairie broussailleuse », la « Tourbière », le « Champ » ou le « Bas-fond de la pointe ». Données par l’oncle inconnu, leur surface totale n’excède pas celle du T3 étroit mais peuplé d’amour dans lequel la narratrice a grandi. Mais ces terres « merveilleuses » étaient comme « de la soie, tout y poussait », relate le meunier, les larmes aux yeux. Mémoire vivante du cadastre villageois, celui-ci guide Claudia, mieux qu’un GPS, dans les alentours du bourg d’Arrô, peuplé de rares anciens à la mine patibulaire. Un musée à ciel ouvert du Portugal et de son passé paysan.
Crime de sang
Jouant avec les codes de ce qui aurait pu être un roman nostalgique du retour à la terre, Catarina Gomes campe une héroïne imperméable aux émotions et bien décidée à se délester du cadeau mesquin de son aïeul. Car pourquoi son grand-oncle est-il parti au Brésil si cette terre est si bonne ? Et pourquoi ses parents ont-ils tout revendu à la mort de la grand-mère ? Les visages qui se referment à l’écoute de son patronyme la conduisent à découvrir le crime de sang perpétré par un aïeul sur l’un des terrains. D’un coup, les choix et les manies des parents et de la grand-mère de Claudia s’expliquent. Fruit d’une dispute si éloignée du monde de la narratrice, le meurtre – qu’on croirait tiré d’un film de Claude Chabrol – parachève la description vertigineuse du fossé entre les générations creusé par l’exode rural et l’émigration. Mais plus que cette portée sociologique, c’est l’ambivalence de l’héritage – visible et invisible, alléchant et inoffensif tel une pomme de terre, mais pouvant s’avérer encombrant, voire mortel – que Catarina Gomes sonde dans ce remarquable premier roman.
Gladys Marivat – Le Monde des Livres – 28 août 2026
Les germes du passé
Catarina Gomes confronte sa narratrice au retour d’une histoire familiale dont elle s’est détournée.
Pour Claudia Mendes, le passé ressemble à des patates. Celles dont la culture a déformé les mains de sa grand-mère revêche et dont le transport, dans des sacs tenus par des cordes en sisal, a incurvé le toit de la Fiat familiale. À la fin des vacances, ses parents n’avaient d’autre choix que de quitter le patelin de l’aïeule chargés de ces tubercules. Ils ont un goût incomparable assuraient-ils à Claudia, leur fille unique, avant de les disposer dans le garde-manger de leur appartement « encombré« , dans la banlieue de Lisbonne.
C’est à l’âge adulte que le lecteur rencontre cette dernière, à laquelle Catarina Gomes confie la narration de son premier roman. Devenue architecte d’intérieur, Claudia a pris le contre-pied de l’histoire familiale comme de la prédilection maternelle pour les bibelots exposés dans une armoire vitrée, et de celle de son père pour le « rasoir anti-bouloches« , l' »affûteur électrique » et le « couteau à rôti« . « Si Picasso a connu sa période bleue, nous, nous avons eu la phase des petits appareils électroménagers« , écrit l’autrice dans un de ses plus cocasses passages.
Mais le passé ne s’enterre pas comme ça. À la faveur d’un héritage surprise, les patates reviendront encombrer la mémoire de Claudia. C’est le point de départ d’une enquête familiale que Catarina Gomes nous conte dans un registre souvent tragicomique donnant toute sa singularité à ce beau roman sur l’identité quand, à l’heure du deuil, il s’agit d' »identifier ce qui fait de nous ce que nous sommes« .
Marianne Meunier – La Croix – 10 septembre 2026
Patelin et patates. Secrets en héritage dans le premier roman de Catarina Gomes
Dans la famille Mendes, la force des liens familiaux se mesure en sacs de pommes de terre. Quand les parents du personnage principal, Cláudia, vont au « patelin », ils reviennent chaque fois avec des dizaines de kilos de patates cultivées par la grand-mère. Et lorsqu’ils meurent en voiture, le périmètre de l’accident est constellé de tubercules. Plus tard, on verra à son tour Cláudia, adulte, transporter un sac attaché à la place du passager. Des pommes de terre, toujours des pommes de terre, supposées être d’un goût insurpassable. Ce sont « les nôtres » dit la grand-mère comme s’il s’agissait d’êtres humains.
Le premier roman de Catarina Gomes commence par une plongée dans cette vie de Portugais moyens ayant quitté la terre pour vivre en ville, dans un immeuble à balcons vitrés. Cláudia, enfant unique, observe ses parents, leurs manies, leur dévotion pour les patates. Le garde-manger est colonisé par les tubercules, étalés au sol, par souci de conservation. Pour accéder au reste de la nourriture, on est contraint à des « mouvements circassiens de haute voltige ». De même pour les nombreux produits d’entretien. Car la mère est anxieuse – « qu’est-ce que les gens vont penser ? » est la question obsédante – et maintient sa maison dans un état de propreté irréprochable. Le père, lui, s’enthousiasme pour des objets électroménagers : couteau électrique, rasoir anti-bouloches, cireuse à chaussures automatique, etc. Une ode à la vie matérielle, drôle et tendre.
Surprise et non-dits
Et puis il y a les bibelots de la mère, les innombrables figurines de cristal ou imitation cristal installées dans un meuble vitrine. C’est pour cela que je suis devenue architecte d’intérieur, « en raison de l’appartement débordant de mon enfance », se dit elle à elle-même Cláudia, devenue orpheline à 21 ans. Sans état d’âme, elle mettra toutes les affaires des parents au garde-meuble.
Vingt ans plus tard, la décoratrice va redécouvrir à contrecœur Arrô, le village familial, après un rebondissement façon XIXe siècle. Un grand-oncle du Brésil vient de mourir, elle fait partie des héritiers. Cláudia doit chercher la lettre chez le notaire pour savoir ce qu’il lui a légué. Elle est furieuse, pense que l’exilé a fait preuve d’égoïsme en la ramenant ainsi dans ce lieu teinté d’amertume. Il s’agit d’« immeubles ruraux », de simples terres retournées à l’état sauvage, comprendra-t-elle. Sa venue déclenche la surprise et de lourds non-dits chez les villageois. Cláudia peine pour connaître les emplacements, mais au café où se rendaient ses parents, elle trouve une piste. L’hiver suivant, accompagnée d’un vieux meunier, la voilà sortie de sa voiture, marchant longuement sur des végétaux non identifiés, de la tourbe spongieuse. Chez cette femme s’inquiétant de voir la vie comme derrière une vitre, le décor se met soudainement à vibrer, jusqu’à la révélation d’un secret de famille sanglant, à la lumière duquel tout ce qui a précédé s’éclaire. L’héritière réalise pourquoi ses parents soucieux de la protéger considéraient qu’elle n’avait « pas besoin de connaître l’origine des choses ».
« C’est la jungle ici ».
Elle va comprendre la détresse du père, sa « hantise de la querelle », les craintes de heurter les conventions de la mère et le silence de la grand-mère. Cláudia qui regardait le monde, y compris la nature, avec toujours en tête des réflexes de décoratrice, voit le passé s’animer, les couleurs véritables surgir. Le meunier s’extasie en prenant dans sa paume une poignée de terre du dernier minuscule lopin légué, « le Bas-fond de la pointe » : « Ah, Sainte-Mère, c’est la jungle ici. Qu’elle était bonne, cette petite terre, quand elle était toute bien labourée. » Dans cette campagne désertée par les nouvelles générations, l’homme lui fait aussi toucher du doigt l’ancienneté des pratiques rurales. Un rocher servant au bornage est coiffé d’un caillou, il protège une marque, un X énigmatique, porteur d’une mémoire paysanne invisible. Cette réappropriation du passé familial lui fait imaginer ses parents enfants, cousins unis face au drame, les rend proches : « Tant d’années après la disparition de mes parents, je m’efforce de raviver, dans mon corps au grand air, l’amour que je sais qu’ils ont éprouvé pour moi et qui me nourrit encore dans la solitude de bien de mes journées, telle une sève parcourant un tronc qui semble sec à l’œil nu. Chaque orphelin, aussi adulte soit-il, aussi ancienne soit sa condition d’orphelin, trouve en lui le moyen d’y accéder, de l’activer quand il en a besoin. »
Frédérique Fanchette – Libération – 19 et 20 septembre 2026
Terres minuscules, marron tendance brun argile 8003
Une nouvelle voix de la littérature lusophone vient enrichir le catalogue des éditions Chandeigne & Lima, en cette rentrée littéraire, avec le premier roman traduit en français de la journaliste lisboète Catarina Gomes, Terres minuscules une petite pépite à l’étrange goût de pomme de terre, accessoirement un de mes légumes favoris. Ce n’est pourtant pas du tout le cas de la narratrice Cláudia, qui elle, les abhorre. Il faut dire que ces petites tubercules, pas très jolies de surcroît, envahissent sa vie et son appartement depuis sa plus tendre enfance, depuis celles dont sa grand-mère les submergeait quand, avec ses parents, elle retournait l’été au petit village ancestral d’Arrô, jusqu’à ce sac intact qu’on lui rendra après l’accident de la route qui coûtera la vie à ses deux parents, qui comme l’autre sac qu’ils avaient ramené du « patelin » finiront leur parcours sur un I.P, un itinéraire principal, et ne reviendront jamais à Lisbonne.
Et c’est pourtant encore et toujours ces patates qui viennent contaminer sa petite vie tranquille et citadine de décoratrice d’intérieur depuis qu’un oncle paternel parti au Brésil dans sa jeunesse vient de lui léguer après sa mort quatre petits terrains minuscules ( guère plus grands que les petits appartements qu’elle décore) dans ce bled paumé où elle s’était pourtant juré de ne jamais retourner. C’est que du passé, Cláudia comme avant elle ses parents, a choisi de faire table rase. Elle, à leur image, a fait le choix du présent. Toute son enfance elle a vu ses parents tenter de couper le cordon avec le village où la grand-mère Adozinda poursuivait une vie on ne peut plus traditionnelle. À Lisbonne, ils se sont inscrits dans l’ère du formica et du couteau électrique ne se résignant à reprendre habitudes et tics de langage que dans les rares moments où ils avaient des contacts avec Adozinda. Pourtant, Cláudia ne va pas avoir le choix ; elle va devoir remonter la route et le temps jusqu’à Arrô jusqu’à l’enfance de ses parents, cousins germains, qui s’étaient choisis l’un l’autre, soi-disant parce qu’ils se comprenaient.
« Cela faisait une éternité que je n’avais pas repensé « aux nôtres ». Et jamais, elles ne m’étaient revenues encore comme ça, si nombreuses, dans autant de contextes : liées à mes parents, à leur existence, à ma vie avec eux, à leur fin. Cela me paraît indigne. Après tout, ce ne sont que des patates. Je préfèrerais que mes parents, ce que nous avons vécu ensemble, me reviennent associés à quelque chose de beau, d’agréable, je ne sais pas, une fleur, une chanson, une couleur. Pas des pommes de terre.
Mais la mémoire n’est pas une jambe, elle ne fait pas ce qu’on lui ordonne, elle n’obéit pas, inutile de lui dire : »laisse tomber, n’y pense plus. » La mémoire est douée de sa propre volonté et se moque bien de la nôtre. Ce n’est pas moi qui décide quels souvenirs je garde, ni quelle forme ils veulent prendre, ni à quel moment ils choisissent de ressurgir ni ce qui déclenche leur apparition. Si tout cela me revient maintenant, de cette manière, c’est à cause de la lettre arrivée du village. »
─ Catarina Gomes, Terres minuscules
Dans cette remontée vers le passé que Catarina Gomes force sa narratrice à entreprendre, deux niveaux d’analyse vont se déployer et s’imbriquer. Une dimension intime d’abord, celle d’une jeune femme qui va apprendre sur sa famille des événements dramatiques qui lui étaient totalement inconnus et qui vont éclairer d’un nouveau jour, en retour, la vie de ses parents, avec le sentiment tout à la fois de mieux les comprendre et d’être un peu passée à côté de ce qu’ils étaient sans doute au plus profond d’eux. Mais également une dimension plus sociétale qui fait de ce trajet de retour vers le « bled » l’archétype ou le symbole de la distance qui s’est instaurée en quelques dizaines d’années seulement entre les campagnes du Portugal et les villes (un propos qui serait valable pour beaucoup de pays européens).
Ce premier roman dont le style, presque clinique, qui exclut tout pathos et superflu, est un parfait miroir de la volonté farouche de Cláudia de mettre à distance sa peine et la dimension tragique de son existence. Mais ce qui apparaît comme l’idée maîtresse du texte, celle qui permet d’ouvrir en grand sa dimension réflexive profonde c’est la profession de Cláudia. Habituée de la modernité, de ses couleurs (elle connaît par cœur son nuancier RAL) et de ses formes, elle est le parfait œil pour nous montrer de façon presque terrifiante (par ce que cela nous renvoie à nous-mêmes) à quel point nous avons décroché du monde physique. Sale, inhospitalière, à une autre échelle, habitée par des personnes avec qui il est difficile de se comprendre, voilà comment lui apparaît cette campagne à quelques heures Lisbonne, et au milieu de laquelle elle s’éprouve telle une totale étrangère, une désorientée. L’idée n’est pas dans ce livre de mener une défense militante de la nature mais juste de nous faire sentir, très subtilement, via Cláudia, l’endroit précis où nous sommes (en grande majorité) arrivés. Et il n’est bien sûr pas question que de perception physique du monde, cette distance, Cláudia le comprend vite, est également une distance mentale qui nous enferme et nous sclérose tout à la fois. Car en perdant le lien avec la terre, nous perdons le lien avec notre histoire et avec ceux qui nous ont précédés et dont nous procédons.
Peu à peu Cláudia, comme le lecteur, va prendre conscience que nos vies se déroulent désormais dans un décor. Un décor qui tout aussi parfait et beau soit-il, nous accueille et nous réconforte autant qu’il nous isole et nous délie les uns les autres. Or nos mémoires sont autant géographiques que corporelles, autant auditives qu’olfactives. Nous ne pouvons et ne pourrons durablement habiter la terre en surface, comme si elle n’était qu’une de ces toiles tendues des meilleurs studios de cinéma, capables de faire apparaître l’Everest sur une bâche en plastique.
Heureusement, avec Catarina Gomes les patates ont des yeux, des yeux pour voir, peut-être finalement plus loin que les nôtres. Des yeux pour atteindre les racines.
Cécile Douyère-Corallo – Addict Culture – 2 septembre 2026
Du petit village portugais d’Arrô qui a vu naître ses parents, Cláudia se souvient uniquement des interminables vacances d’été chez sa triste grand-mère et des sacs de pommes de terre ramenées en ville. Héritière de trois minuscules lopins de terre légués par un vieil oncle inconnu, elle revient dans ce village qu’elle n’a pas revu depuis vingt ans. Cláudia apprend que sur l’une de ces parcelles s’est autrefois noué un drame qui a conditionné toute la vie de ses parents et qui explique bien des comportements de sa grand-mère. C’est touchant de voir cette femme résolumment urbaine reprendre contact avec la terre de ses aïeux et retrouver le sens profond de sa famille. Un roman tendre et émouvant!
Jean-Paul Guéry – Le courrier de l’Ouest – 21 août 2026
Interview, en portugais, de Catarina Gomes, autrice de Terres minuscules, par Arthur Silva, dans l’émission Passage à niveau du 20 septembre 2026.
Avec «Terres minuscules», Catarina Gomes signe un premier roman qui interroge ce que les générations précédentes nous transmettent
L’héritage familial peut peser très lourd. Ici, sous les tonnes de pommes de terre des terrains des parents et grands-parents, gît un secret bien gardé que la romancière déterre avec humour et mélancolie.
L’enfance de Claudia se déroule sous le signe de la pomme de terre. Fille unique, elle s’ennuie au patelin pendant que ses copines s’amusent sur des plages ensoleillées. Au retour, la voiture plie sous la charge des patates qui occuperont tout le garde-manger. Et quand la réserve baisse, la grand-mère en apporte d’autres de son champ, tout aussi exceptionnellement bonnes, qu’il n’est pas question de mépriser. Les parents, cousins germains repliés sur eux-mêmes dans leur appartement surchargé, se montrent tellement obsédés par le souci de ne pas se faire remarquer que c’en est suspect. Quand un accident les fauche, eux et la dernière récolte, leur fille, devenue architecte d’intérieur, fait le vide, patates comprises, et installe, dans un cadre minimaliste, une vie résolument urbaine.
«Pas un mauvais homme»
Le premier roman de la journaliste portugaise Catarina Gomes est une fable très drôle mais aussi mélancolique. Qu’héritons-nous des générations précédentes? Les parents se sont débarrassés du legs de l’aïeule au profit de l’Eglise. A son déplaisir, leur fille se voit attribuer celui d’un grand-oncle, disparu au Brésil, exclu de la légende familiale: cinq lopins abandonnés, dispersés autour du patelin. Impossible de s’en débarrasser alors qu’elle avait réussi à éliminer de son entourage tout végétal, tout organisme vivant.
Contrainte de visiter son encombrant domaine, sous la direction méprisante du meunier, elle se surprend à caresser sa terre au risque de se salir les doigts. A cette occasion, le secret de famille qui pesait sur les siens lui est révélé. Elle comprend enfin pourquoi la grand-mère tenait toujours à préciser que «ce n’était pas un mauvais homme» quand il était, rarement, question du grand-père trop tôt disparu. Que fera-t-elle de ce domaine éparpillé? Terres minuscules n’est pas une fable écologique sur le retour à la terre. Mais l’histoire met en évidence les tensions entre le monde rural archaïque en voie de disparition et celui, aseptisé et technologique, de Claudia.
Isabelle Rüf – Le Temps – 5 octobre 2026
Em Paris, na editora Chandeigne & Lima, foi apresentada no dia 29 de setembro a tradução francesa de Terrinhas, o romance de Catarina Gomes. Depois de 20 anos de carreira no jornalismo, a autora estreia-se na ficção com uma história que parte de uma experiência pessoal para abordar questões universais: a relação com as origens, o afastamento do mundo rural e a adaptação a uma nova realidade. Cap Magellan obteve uma entrevista exclusiva.
Cap Magellan: Estamos em Paris, na editora Chandeigne & Lima, para a apresentação da tradução francesa do romance Terrinhas, Terres minuscules em francês. Como estás a viver esta estreia francesa?
Catarina Gomes: Estou entusiasmada. Tenho recebido comentários positivos, sobretudo de livrarias onde o livro foi colocado e tenho-me sentido muito bem acolhida. Espero que chegue tanto ao público lusodescendente como aos leitores franceses. É uma história que parece particular e portuguesa, mas que também é universal: a saída do campo para a cidade e a adaptação a um novo meio.
CM: A história pode falar a muitos leitores franceses, porque também há quem deixe as suas terras para ir viver para a cidade. Acreditas que seja um tema universal?
Catarina Gomes: Em todo o mundo, as pessoas estão a mudar-se para as cidades e os campos estão a ficar abandonados. Na Europa Ocidental, isso acontece em grande escala. A relação com a origem que deixámos para trás diz muito a muitas pessoas. Quando escrevi o livro, não pensei que chegaria a outros leitores. Escrevi sobre aquilo que me interessava. Se a história chegar a mais pessoas, isso deixa-me muito feliz, mas a universalidade não era necessariamente o objetivo: acabou por ser uma consequência natural.
CM: Terrinhas é o teu primeiro romance, depois de vários livros de investigação e sobre a questão colonial. Como surgiu a ideia de escrever este livro?
Catarina Gomes: Já queria escrever um romance há muito tempo. Fui jornalista durante 20 anos e este era um sonho adiado, em parte por receio de não conseguir. O jornalismo que desenvolvi nos últimos anos, por vezes designado jornalismo narrativo, literário ou não-ficção literária, já recorria a ferramentas da ficção, como a construção de cenas e personagens e a tensão narrativa. O livro nasceu de uma circunstância biográfica: herdei terrenos na aldeia dos meus pais, que passaram diretamente dos meus avós para mim, porque o meu pai já tinha morrido. Eram nomes estranhos numa folha de papel, como o Lameiro e a Boça, e eu já nem sabia o que eram aqueles lugares. O facto de não sentir nada por aquelas terras entristeceu-me. Era quase como se estivesse a ser injusta para com a geração dos meus avós e bisavós. Se recuarmos no tempo, provavelmente todos descendemos de agricultores. Como é que, no espaço de uma geração, se produziu este afastamento da terra? Quando pensei em vender os terrenos, percebi que nem sequer apareciam no mapa ou no GPS. Esta ideia de um passado perdido começou a trabalhar em mim e percebi que dali poderia nascer uma ficção sobre a nossa relação com a terra. A palavra terrinhas tem vários sentidos: pode referir-se à aldeia, ao solo ou aos pequenos grãos de terra. Durante gerações, vivíamos daquilo que a terra nos dava. Hoje, vamos ao supermercado e esquecemo-nos de que viemos de lá.
CM: O romance dá bastante destaque às batatas. Que significado têm na história?
Catarina Gomes: Sou uma pessoa muito visual e acredito que a boa literatura cria imagens. Durante algum tempo, fui tirando notas, até que me surgiu a imagem de enormes sacos de batatas, daqueles antigos, de serapilheira, nas bagageiras dos carros portugueses, nas autoestradas, nos anos 1980 e 1990. Pensei nas batatas que os avós enviavam aos filhos e netos que tinham passado a viver nas cidades. Os meus avós também faziam isso connosco. Porque é que alguém precisa de levar batatas quando as pode comprar no mercado? Porque “estas são das nossas”. Essa imagem fez-me pensar numa espécie de cordão umbilical entre o campo e a cidade. As viagens no Natal ou na Páscoa, com batatas, couves ou cenouras, representavam essa ligação entre gerações. As batatas acabaram por adquirir várias dimensões simbólicas no livro, mas tudo começou com essa imagem.
CM: Cláudia é designer de interiores. Como surgiu esta escolha profissional?
Catarina Gomes: Quis que tivesse uma profissão urbana. No livro, existe uma divisão entre o interior e o exterior. Cláudia é uma mulher virada para dentro, para a casa, mas a história obriga-a a sair, a ir para o campo e a sujar-se. Os pais, que vieram da aldeia, preocupam-se com as aparências e com aquilo que os outros vão pensar. Esta preocupação também ressoa em muitas pessoas que vêm de terras pequenas, onde parece que toda a gente está a olhar para nós. Apesar de se querer moderna, Cláudia escolheu uma profissão profundamente ligada às aparências. Uma casa também é uma encenação, sobretudo quando a decoração de interiores é a sua profissão. Quis juntar estes dois mundos e mostrar como essa herança se adapta a uma profissão contemporânea.
CM: De que forma o teu percurso como jornalista influencia a tua escrita?
Catarina Gomes: Foi uma transição que exigiu que me convencesse de que era capaz. Também tive de desmistificar a palavra “escritor”, que parece representar algo muito importante. Existe a ideia de que é preciso esperar pela inspiração para escrever, mas percebi que isso não funcionava comigo. Sempre li entrevistas a escritores para compreender os seus métodos. Um dia, li um escritor que dizia entrevistar as suas personagens e percebi que também podia fazê-lo. As minhas ferramentas de investigação são essencialmente jornalísticas. Como jornalista, estou habituada a ter os contactos das pessoas e a poder telefonar-lhes para esclarecer dúvidas. Senti falta de não ter o número de telefone da Cláudia, porque ela não existe. Por isso, entrevistei-a como se existisse. Foi assim que lhe dei corpo. Também investiguei a área do design de interiores, conversando com pessoas que trabalham nesse meio. No fundo, são métodos de reportagem que aplico à ficção, onde posso inventar, moldar e adaptar a realidade à narrativa que quero construir.
CM: Com Terrinhas, recebeste o Prémio Revelação Agustina Bessa-Luís. O que representou esse prémio?
Catarina Gomes: Saí do jornalismo com a intenção de escrever o livro, mas precisava de alguém que me perguntasse quando o iria terminar. Durante 20 anos, trabalhei com prazos, editores e limites de caracteres. De repente, deixei de ter essas referências. A liberdade também pode trazer desorientação, porque podemos escrever sem ter ninguém que nos obrigue a terminar. Utilizei o prazo de candidatura ao prémio como meta para acabar o livro, sem grandes ilusões de ganhar. Continuei a trabalhar no texto e a melhorá-lo. Quando recebi o prémio, senti-me legitimada. Foi importante porque me deu um prazo concreto e me ajudou a acreditar no meu trabalho.
CM: Depois de Terrinhas, vais continuar a escrever romances?
Catarina Gomes: Tenho um segundo romance em preparação, mais autobiográfico do que este, que gostaria de terminar até ao final deste ano, para ser publicado no próximo. Prefiro não revelar outros projetos enquanto não estiverem concretizados.
CM: Que mensagem gostarias de transmitir aos lusodescendentes?
Catarina Gomes: Falaria da Cláudia, que, em determinado momento, se envergonha das suas origens rurais. Penso na forma como, por vezes, a portugalidade nem sempre é motivo de orgulho. Podemos transformar as nossas origens numa mais-valia, como acredito que a Cláudia acaba por fazer. O percurso dela, do campo para a cidade, pode também representar a passagem de Portugal para França. Quando nos mudamos para um lugar novo, queremos pertencer. Para isso, por vezes tentamos apagar aquilo que nos torna diferentes: a língua, a maneira de vestir ou outros aspetos da nossa identidade. Com o tempo, percebemos que aquilo que nos distingue é precisamente o que deixámos para trás. Começamos a valorizar essas raízes e a compreender a sua importância. Acredito que os jovens podem fazer esse percurso e passar a olhar para o facto de serem portugueses ou terem raízes portuguesas como uma mais-valia.
Entrevista realizada por Julie Carvalho – 13 de outubro de 2026
Terrinhas chega às livrarias francesas e revisita memória rural portuguesa
Publicado em Portugal em 2022 e distinguido com o Prémio Revelação Agustina Bessa-Luís, Terrinhas chega agora aos leitores franceses, numa tradução de Hélène M. Melo publicada pela Chandeigne & Lima. No primeiro romance de Catarina Gomes, uma herança quase inútil abre caminho a uma reflexão sobre o Portugal rural, a ascensão social e tudo aquilo que uma família continua a transmitir mesmo quando acredita ter deixado o passado para trás.
A tradução começa onde o romance parece resistir mais à passagem para outra língua, no título. “Terrinha” pode ser uma aldeia evocada com ternura ou com condescendência, mas pode também ser uma pequena porção de terreno. Em francês, explica Catarina Gomes, não existe uma palavra capaz de conservar todas essas camadas ao mesmo tempo. Se tivesse de escolher, privilegiaria a dimensão mais física: “Quis que fosse um livro sobre a relação que temos com o solo, com os grãos de terra, com sítios que há uma geração eram fonte de sustento e hoje, para a protagonista, não são nada senão nomes estranhos numa folha de papel.”
É a partir dessa distância que se constrói Cláudia M. Mendes, mulher urbana, independente e convencida de que a aldeia pertence a um mundo já encerrado, recebe de um tio-avô pequenas parcelas de terra que mal consegue localizar. Quer vendê-las. Mas a procura transforma-se noutra coisa: um regresso aos pais, aos avós, aos silêncios da família e a um país que, numa geração, trocou a dependência da terra pela promessa da modernidade.
“Portugal era até há muito pouco tempo um país pobre e rural. E a ruralidade não era uma coisa boa, era uma coisa da qual as pessoas queriam fugir”, lembra Catarina Gomes. A saída para as cidades, ou a emigração para países como França, era também uma tentativa de afastamento desse passado. Mas não necessariamente uma ruptura. No romance, essa ligação sobrevive num objecto tão banal quanto expressivo, a batata.
A imagem que ajudou a dar forma ao livro é a de automóveis, nas décadas de 1980 e 1990, a circular pelas auto-estradas com sacos de batatas nos tejadilhos, enviados das aldeias para os filhos e netos que tinham partido. “Para mim, aquilo era uma espécie de cordão umbilical entre a aldeia e a cidade”, conta. As batatas alimentam, mas também denunciam uma origem. No prédio novo dos subúrbios, tornam-se simultaneamente gesto de afecto e motivo de embaraço para uma adolescente que queria pertencer inteiramente ao mundo urbano.
Catarina Gomes percebeu entretanto que a própria ignorância sobre a terra fazia parte da história que estava a escrever. Para construir o romance, estudou a cultura da batata e descobriu conhecimentos elementares que nunca lhe tinham sido transmitidos. “A minha ignorância em relação à batata também é sintomática de uma geração a quem disseram: não tens de saber nada da terra, esquece isso.” O tubérculo ganha assim outra dimensão: cresce escondido, debaixo do solo, e torna-se uma metáfora possível para aquilo que uma família enterra sem conseguir fazer desaparecer.
Terrinhas também recusa a nostalgia fácil de uma ruralidade hoje convertida em desejo urbano. A autora olha com ironia para as casas de pedra transformadas em refúgios de fim-de-semana e para a idealização de um campo que, para a geração anterior, esteve associado sobretudo à escassez, ao trabalho e à sobrevivência. Algumas dessas casas hoje restauradas foram habitadas por pessoas sem água ou electricidade e testemunharam uma mortalidade infantil que a memória contemporânea tende a apagar. “É importante, agora que queremos ser muito modernos, não esquecermos de onde viemos.”
Esse movimento de ascensão social também se lê nos objectos. A cristaleira, os bibelôs e os pequenos electrodomésticos dos pais de Cláudia assinalam a passagem de uma economia de necessidade para os primeiros sinais de consumo. “Agora não é só sobreviver, eu agora tenho direito ao supérfluo”, resume Catarina Gomes. São objectos modestos, mas carregados de significado: demonstram que a família chegou a outro lugar e, ao mesmo tempo, revelam o esforço para manter a pobreza anterior à distância.
Por baixo dessa transformação económica existe uma herança menos visível: os silêncios. Depois da morte dos pais, Cláudia começa a fazer perguntas quando já não tem quem lhe responda. Catarina Gomes reconhece nessa experiência algo que atravessa também a sua vida e a sua escrita. “Acho que muito da vida é desencontro”, afirma. As suas próprias avós não sabiam ler e a autora percebeu tarde as perguntas que nunca lhes fizera. “A literatura também serve para isso, para salvar do esquecimento ou para uma espécie de redenção.”
A chegada de Terrinhas a França acrescenta uma nova camada ao romance. O livro atravessa agora uma fronteira que tantas famílias portuguesas também atravessaram, levando consigo aquilo que procuravam deixar e aquilo que não podiam abandonar. Publicado pela Chandeigne & Lima, o romance fala de uma herança concreta, de pedaços de terra quase perdidos nos mapas, para chegar a uma herança maior, a memória de um Portugal que se urbanizou depressa, mas que continua a reconhecer-se, por vezes com afecto e outras com desconforto, nas suas próprias terrinhas.
Lígia Anjos – 7 octobre 2026
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Le temps de la récolte
Fin juillet de cette année, je présentais dans cette émission le livre de Raul Brandão, Les pêcheurs publié aux éditions Chandeigne et Lima. Je soulignais le plaisir de découvrir, pour ma part, une maison d’édition spécialisée dans les ouvrages sur le monde lusophone et un livre passionnant sur la vie des pêcheurs, le long de cette côte, des références si méditerranéennes, bien qu’elle soit tournée vers l’Atlantique. Et aujourd’hui, je vous présente un nouvel ouvrage édité par cette maison d’édition, consacré au peuple, mais celui de la campagne, de la terre portugaise, Terres minuscules de Catarina Gomes dans une traduction d’Hélène Melo.
« Les « nôtres » sont sans comparaison »
En couverture, une jeune femme, la narratrice, Claudia Mendes Mendes, juchée sur une énorme pomme de terre, afin de montrer l’importance de ce légume dans l’histoire et la vie de la famille, du village. Nous sommes dans le monde paysan pour qui le respect de la récolte rejoint celui du travail pour l’obtenir. Ces pommes de terre sont vivantes, elles réagissent, il faut bien les ranger car elles « apprécient », « comme si, à l’image des êtres humains, elles avaient la capacité de sentir ». Il y a une grand-mère, Adozinda, au village, Arrô, elle cultive sur des terres minuscules et charge les parents de Claudia de rapporter à la ville ces pommes de terre. Pourquoi ? il y en a à la ville. Oui mais elles n’ont pas de goût, celles de la ville, les « nôtres » sont sans comparaison. Vous comprendrez à la lecture, de quel goût il s’agit. Mais pour celles et ceux qui produisent leurs légumes, vous savez que c’est aussi une réalité.
Comme « une joie triste »
Adolescente, Claudia n’a que dédain à l’égard du bled, du patelin, elle s’y ennuie, préfère la ville, couvée par ses parents. Elle ne sera pas du dernier voyage après la mort de sa grand-mère, les parents se tuent dans un accident de voiture. Elle devient architecte d’intérieur, citadine, une sorte de bobo de la banlieue de Lisbonne. Et le destin veut qu’elle reçoive un appel d’un notaire l’informant que le frère de son grand-père la nomme héritière de terres minuscules à Arrô. Dans un premier temps, rejet de la part de Claudia. Elle n’y connaît plus personne, la maison de la grand-mère, vendue, ses terres données à l’Eglise. Et pourtant, elle a l’obligation de s’y rendre. Les souvenirs d’enfance ressurgissent comme lorsque les nuages s’écartent pour laisser transparaître le soleil. Les mots, les intonations reviennent. La vie de famille, les gestes quotidiens, l’affectation non dite mais intense. Comme « une joie triste ». Et puis la méfiance toute paysanne. La mère : « Ma fille, on ne connaît jamais bien les gens ». Cette phrase, je l’ai entendu dans mon village. Et l’arrivée de Claudia dans le sien évoquera des souvenirs identiques chez moi. Les non-dits, les silences, le regard des gens du village qui savent qui elle est, où se trouvent ses terres. Et le souvenir de la grand-mère mystérieuse, perdue dans la ville lorsqu’elle va voir ses enfants. Deux mondes. Elle est paysanne et sa terre est ancrée dans sa peau. Un très beau passage.
Une quête quasi-initiatique
Elles ne valent rien les terres du grand-oncle dans le monde actuel, mais il faut les retrouver, reprendre les rues vides du village, comme une quête quasi-initiatique. Grâce à un meunier, elle parcourt les taillis, un maquis de broussailles et de ronces. Elle retrouve les bornes, une grosse et deux petites, sur la grosse une croix gravée. J’ai la même. Et elle arrive à une terre riche, à un secret de famille, une histoire de distribution d’eau. Celle-ci est rare, aussi chaque propriétaire a droit à alimenter son jardin à tour de rôle. Les disputes sont fréquentes, parfois les coups. Elle découvre un réseau de petits canaux comme je les connais. Et ce secret de famille ? Je ne vous le livre pas. A vous de découvrir le village, la vie cachée de sa famille. A l’issue de ce voyage, elle revient à la ville avec un sac de pommes de terre, les « nôtres ». Le lien est-il rompu ?
A vous de lire ce très beau livre sur la prégnance des origines, de la terre.
Francis Pian – 14 octobre 2026
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