L’auteur, agronome portugais, part d’un constat : dès les premiers implantations hors d’Europe les premiers colons portugais apportèrent avec eux des plantes et en découvrirent d’autres. Si les Grandes Découvertes ont fait voyager les plantes d’un continent à l’autre et ont profondément modifier l’agriculture et l’alimentation de nombreuses régions du monde, ce n’est pourtant pas un phénomène nouveau, dès le néolithique les plantes ont suivi les déplacements de population.

Les récits des voyageurs sont une source importante pour suivre ces voyages botaniques.

Dans son l’introduction l’auteur rappelle les grandes étapes des Grandes Découvertes et notamment de le rôle des îles entre Europe et Amérique, Europe et Afrique dans l’acclimatation des espèces végétales. Il montre les denrées apportées par les Européens dans les colonies et celles qu’ils en rapportent.

Chaque chapitre est consacré à une plante : légume, céréale ou fruit. l’ouvrage est organisé en trois grandes parties : Plantes d’Amérique, Plantes d’Asie et plantes africaines.

Pour chaque plante plusieurs illustrations, en noir et blanc ou en couleur, tirées d’ouvrages de l’époque moderne comme L’histoire générale des voyages (Prévost, 1752)1complètent le texte. L’auteur cherche à déterminer, à partir des sources d’époque (récits de voyages et autres), le lieu et la date de la « découverte » par un Européen. Après une description botanique il en précise les usages traditionnels pour les populations autochtones et les usages sur place des Européens. Il aborde l’arrivée de la plante et/ou du produit en Europe ou sur un autre continent en fonction des possibilités d’acclimatation. Quelques lignes sont consacrées à la production actuelle.

On découvre ainsi au fil des pages quelques denrées que l’on associe aujourd’hui à telle ou telle région du monde et dont l’origine est différente comme la noix de cajou indienne ou vietnamienne (principaux fournisseurs sur le marché mondial) fruit de l’anacardier américain, l’arachide souvent synonyme d’Afrique de l’Ouest, histoire coloniale oblige ou étasunienne mais originaire des rives du Paranà, la vanille mexicaine … Il en va de même de ces plantes asiatiques : bananier, canne à sucre que l’on associe plutôt aux Antilles, la mangue ou la rhubarbe. Le café d’Arabie qui n’arrive au Brésil qu’au début du XVIIIe siècle et le palmier à huile africain est aujourd’hui en passe de coloniser l’Asie.

Un voyage exotique agréable à suivre.

Christiane Peyronnard – La cliothèque – Décembre 2018